Les journalistes sont surprenants. Ils sont toujours prompts à nous faire la morale, à nous rappeler ce qui est bien et ce qui est mal. Ils adorent le politiquement correct, s’offusquent unanimement sur des faits divers qu’ils aiment dramatiser.
Mais surtout, ils sont très paradoxaux.
Par exemple, ils aiment à vouloir nous faire culpabiliser sur la misère du monde avec des marronniers du type : les surendettés, les mals logés ou expulsés, les sans papiers et autres personnes en difficultés. Mais pour autant adorent nous faire des reportages sur la vie des milliardaires…
Et ils n’hésitent pas non plus a utiliser des mots forts lorsque l’on tente de remettre en cause ou critiquer leur liberté éditoriale en faisant parfois allusion à la période Vichyste.
Pourtant ces dernières semaines ils tenait un sujet qu’ils n’ont pas lâché : la chasse aux rémunérations des grands patrons.
Il n’est pas question de les plaindre, ou de défendre certaines rémunérations outrancières et scandaleuses, qui comme l’a dit Alain Duhamel « par leur autisme, préparent la révolution ».
Mais pourtant, je considère que de balancer ainsi à la vindicte populaire de telles informations sont plutôt de nature à créer un climat de tension extrême qui n’est pas nécessaire pour endiguer la crise. D’autant qu’après, certains journalistes ont bon dos d’être surpris de constater que les relations sociales se durcissent et que des patrons se retrouvent séquestrés lors d’annonces de plans sociaux. Je ne dis pas qu’il faille ne pas parler des abus dont ont fait états certains d’entre eux. Mais les journalistes ont aussi un rôle d’explication, et ils doivent tempérer pour éviter tout amalgame, car on ne peut pas comparer le PDG d’une multinationale française du CAC 40 avec un chef d’entreprise de PME.
Je pense que l’on ne peut pas se permettre de balancer des chiffres sans débattre derrière sur le problème de répartition des richesses. Le président de la République a introduit le sujet lors de son discours avant la dernière grande grève « anti-crise ». Je ne pense pas qu’il s’attendait à des déballages et délations de ce type. Pendant que l’on s’offusque, et que les esprits se crispent, on ne se met plus autour d’une table pour discuter.
Pourtant deux chiffres en disent bien plus que le salaire de Daniel Bouton :
Le salaire moyen en France se situe en quatorzième position sur l’échelle européenne, alors que celui des patrons du CAC40 est à la première.
Sources :
http://www.journaldunet.com/management/repere/salaires_europe.shtml
http://www.paperblog.fr/409932/statistiques-du-cerc-sur-les-remunerations-des-dirigeants/
| Novembre 2009 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | ||||||||||
| 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | ||||
| 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | ||||
| 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | ||||
| 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | ||||
| 30 | ||||||||||
|
||||||||||